Patrice Chéreau, l’Homme blessé

Tout le cinéma de Patrice Chéreau est issu du théâtre. Et de son alliée la plus sure : la fatalité. Tout est très clair – enfin non, très sombre – dès son adaptation de la chair de l’orchidée (1975), d’après James Hadley Chase : dans ce polar, dont il fait une tragédie, une riche héritière, à moitié folle, s’évade d’un asile psychiatrique. Elle est poursuivie par des démons qui la cernent, mais qu’elle finit par vaincre. Ses ennemis entretués, l’héritière (Charlotte Rampling) règne, démente, sur un empire financier qu’elle contrôle, mais sans repères, ni morale. Elle annonce un monde à feu et à sang qui est devenu le nôtre…

C’est un univers en ruines qu’il filme, vingt ans plus tard, dans La Reine Margot, d’après Alexandre Dumas. Ah, les amours d’Isabelle Adjani et de Vincent Pérez, il s’en fiche totalement. Non : ce qui l’intéresse, c’est la folie d’une femme : Catherine de Médicis ( Virna Lisi, géniale, filmée comme un vampire à la Murnau) sacrifie tous ses fils au nom d’un pouvoir que certains, par euphémisme, nomment raison d’Etat. Là encore, on ne saurait être plus moderne…

Chéreau aimait les corps. Il en a filmé certains qui se frôlaient et, soudain, l’un s’emparait de l’autre : c’était dans L’Homme blessé (1983). Mais, dans les toilettes de la gare du Nord, même les amours homosexuelles devenaient un simulacre comme les autres… D’autres corps se caressaient et, parfois, l’un pénétrait l’autre, dans Intimité (2001). Ou alors, les corps s’écoutaient, et l’un aidait l’autre à mourir, dans Son frère(2002)….

En tout cas, il n’aimait pas que le théâtre, le cinéma, tout ce qui faisait que sa vie « soit fluide ». Il voulait ses personnages pantelants, énervants et brûlants. Dans Persécution, par exemple, son dernier film, en 2009, il saisissait un drôle de type éructant, pénible (Romain Duris). Et un drôle de monde où on pouvait se gifler, dans le métro, pour un sourire mal compris, mais où un amoureux ridicule, fou d’amour pour un type qui ne l’aimait pas, ne cessait de le poursuivre : « Tu m’aimes, lui disait-il. Un jour, tu m’aimeras. C’est pas possible, autrement ».

Source: Télérama.Fr

Liens pour se procurer les DVD autour de Patrice Chéreau.

……………………………………………………………………………………………………

Le 9 octobre 2013, cela fait 35 ans que Jacques Brel  à succombé au cancer du poumon qui lui prenait son souffle.

J’avais prévu un hommage en forme de billet…

Cependant, dans la nuit du 7 octobre la nouvelle est tombée, Patrice Chéreau, ce génial touche à tout artistique meurt aussi d’un cancer du poumon.

J’aimais Brel et Chéreau pour la même fragilité qui les habitait.

Pour leur vérité, leur Elégance…

Amitiés

Claude Sarfati

Décès du généticien Albert Jacquard

Agé de 87 ans, ce polytechnicien et militant de gauche a succombé mercredi soir à une leucémie.

Son collier de barbe encadrant une gueule cabossée de philosophe antique et ses combats passionnés pour les sans-papiers et contre le racisme ont marqué les mémoires : le généticien Albert Jacquard est mort mercredi à l’âge de 87 ans.

Le président d’honneur de l’association Droit au logement (DAL) a été emporté par une forme de leucémie à son domicile parisien du VIe arrondissement, a précisé son fils à l’AFP. «Courageux et profondément bon»«l’humanité des hommes était son combat», a lancé en hommage sur son compte twitter son collègue Axel Kahn.

«Les races humaines n’existent pas», martelait le Pr Jacquard, expliquant sans relâche pourquoi «l’inégalité» est un concept purement mathématique qui ne peut s’appliquer aux êtres vivants. «Le contraire d' »égal », c’est « différent » dès lors qu’il s’agit d’autre chose que des nombres, pas « inférieur » ou « supérieur »», assénait le généticien avec son petit cheveu sur la langue bien connu des auditeurs de sa chronique quotidienne sur France Culture (2001-2010). Un combat scientifique d’autant plus farouche qu’il s’est lancé sur le tard dans la bataille.

Né le 23 décembre 1925 à Lyon dans une famille de la bonne société, Albert Jacquard est reçu à Polytechnique vingt ans plus tard. C’est la Libération mais il vient de passer deux ans à préparer ses concours et n’a pas vraiment vu la Seconde Guerre mondiale, comme un «passager de l’Histoire».

Jeune ingénieur, il entre en 1951 à la Seita (manufactures des tabacs et allumettes) pour y travailler à la mise en place d’un des premiers systèmes informatiques. Tout en reconnaissant avoir été «passionné par ce travail», il regrettera par la suite d’avoir «joué le jeu de la réussite technique pendant dix ans». Car pour Albert Jacquard, «un ingénieur, un technicien efficace est par définition quelqu’un de dangereux, tandis qu’un chercheur est quelqu’un qui s’efforce d’être lucide».

Après un bref passage au ministère de la Santé publique, Jacquard rejoint l’Institut national d’études démographiques (Ined) en 1962. Il approche de la quarantaine et «s’aperçoit qu’on n’est pas éternel et qu’on ne veut pas gâcher sa vie à des choses dérisoires».

Auteur à succès

Albert Jacquard part donc étudier la génétique des populations dans la prestigieuse université américaine de Stanford, puis revient à l’Ined et passe deux doctorats en génétique et biologie humaine dans la foulée. Parallèlement à l’enseignement et son travail d’expert à l’OMS, il n’aura de cesse de démonter les arguments prétendument scientifiques des théories racistes et sera même témoin en 1987 au procès du nazi Klaus Barbie pour crimes contre l’humanité.

Ses premiers livres, comme Eloge de la différence: la génétique et l’homme (1978) rencontrent un grand succès qui ne se démentira pas, même quand il dérivera vers la philosophie, la vulgarisation scientifique ou l’humanisme anti-libéral. Car Albert Jacquard n’aimait pas plus le libéralisme – «catastrophe pour l’humanité» – que le racisme. «La compétition systématique entre les êtres humains est une ânerie», tranchait le professeur qui, à ce titre, se refusait à noter ses élèves, sauf à leur donner tous la même note.

Le Pr Jacquard sera même candidat aux législatives à Paris en 1986 sur une liste soutenue par divers mouvements de la gauche alternative, puis en 1999 sur la liste écologiste conduite par Daniel Cohn-Bendit (en 84e position).

Dans les années 1990, Albert Jacquard va mettre sa verve médiatique au service d’une autre cause: les mal-logés et les sans-papiers. Occupation d’un immeuble rue du Dragon en 1994, de l’église Saint-Bernard en 1996… Son visage de vieux faune grec devient vite aussi familier que celui de l’Abbé Pierre, Mgr Gaillot ou Emmanuelle Béart, ses compagnons de lutte.

L’âge aidant, il se fera plus discret. Mais il continuera à soutenir les démunis et à pousser des coups de gueule, démarche «volontariste» pour léguer un monde un peu moins mauvais à ses petits-enfants. «Les jeunes voient en moi un vieux monsieur qui représente une certaine façon de penser», s’amusait le Pr Jacquard en évoquant quelques écoles primaires qui n’avaient pas attendu sa mort pour se baptiser de son nom. «Ce qui me réjouit, c’est qu’il existe aussi de nombreuses écoles Pierre Perret !»

Source: AFP

Je vous propose d’écouter Albert Jacquart en cliquant sur ce lien.

Amitiés: Claude Sarfati

Lundi 9 septembre 2013,la voyance vous donne rendez-vous à la Foire de Châlons!

La Foire de Châlons en Champagne, vous la connaissez sans doute, c’était en 2012, près de 220.00 visiteurs et 765 exposants.

C’est désormais une tradition bien établie, une journée entière de la Foire de Châlons est dédiée à la voyance.

J’aurai le plaisir d’y participer en compagnie d’autres voyants de la région.

N’hésitez pas à  venir nous voir le Lundi 9 septembre 2013 à partir de 10h.

Amitiés: Claude Sarfati