Bonne année 2024

Meilleurs voeux pour cette nouvelle année!

Santé, Amour, Prosperité…

Je vous souhaite de vivre vos rêves,

d’être heureux sur le chemin (le vôtre:-)

L’artiste de cette année: Gaëtan Roussel

Voici le lien de son site: gaetanroussel.com

Qui s’accompagne d’un hommage à Jane Birkin, voici le lien de son site: janebirkin.fr

Avec une chanson de Miossec, ici le lien du site de Christophe Miossec: christophemiossec.com

Bonne année, bon dimanche

Claude Sarfati

Le temps de revenir…

 

…Songeons à une phrase aussi simple que « le temps passe », que nous répétons à l’envie tant elle nous semble frappée au coin du bon sens. Que signifie-t-elle au juste ? Personne ne conteste que le temps est ce qui fait que toute chose passe, mais de là à dire que c’est le temps lui-même qui passe, n’est-ce pas commettre un abus de langage, opérer un glissement de sens ? La succession des trois moments du temps (le futur, le présent et le passé) n’implique nullement qu’on puisse dire que le temps se succède à lui-même. Eux passent, c’est certain, mais lui ? N’est-ce pas justement du fait de sa présence constante que les choses ne cessent de passer ? On devrait donc plutôt dire que c’est la réalité tout entière qui « passe », et non le temps lui-même, qui ne cesse jamais d’être là à faire justement passer la réalité. Ainsi discerne-t-on, à l’intérieur de l’écoulement temporel lui-même, la présence surprenante d’un principe actif qui demeure et ne change pas, par lequel le présent ne cesse de se succéder à lui-même (« Le temps lui-même en l’entier de son déploiement ne se meut pas et est immobile et en paix » , pour reprendre les mots de Heidegger). Ainsi donc, voulant dire que le temps est ontologiquement associé à la labilité et à la fuite, on se retrouve à devoir envisager son … immobilité !

Cette paradoxale immobilité qui agit au sein même du temps se perçoit d’ailleurs fort bien lorsqu’on examine le statut du présent. Nous pouvons affirmer que le présent passe, puisqu’il n’est jamais strictement le même. Mais nous pouvons également affirmer qu’il ne passe pas, puisque nous ne quittons un instant présent que pour en retrouver un autre. Le présent a donc ceci de singulier, de paradoxal même, qu’il est à la fois éternel et instantané, toujours là mais toujours en train de disparaître.

Il y a un autre problème à déclarer que « le temps passe ». Ce faisant, on affirme en effet, au moins implicitement, que le temps existe : il passe, donc il est. Avec son air de ne pas y toucher, cette expression si banale attribue donc au temps le statut d’un être indépendant des choses et des processus, lui offrant du même coup une promotion ontologique dont on peut se demander si elle est vraiment méritée. La question de la réalité et de l’autonomie du temps n’aurait-elle donc jamais fait débat ? Les mots, parfois, tranchent abusivement.

Etienne Klein

Ingénieur Physicien

Et finalement
Après quelques années
Les hommes ont remplacé tes poupées
Et les glaïeuls posés dans ta chambre
Remplacent aujourd’hui les fleurs des champs

Et c’est le temps qui court, court
Qui nous rend sérieux
La vie nous a rendus plus orgueilleux

Parce que le temps qui court, court
Change les plaisirs
Et que le manque d’amour nous fait vieillir

A l’heure qu’il est
Mes voitures de plastique
Sont devenues vraies depuis longtemps
Et finalement les affaires et l’argent
Ont remplacé mes jouets d’avant
Et c’est le temps qui court, court
Qui nous rend sérieux
La vie nous a rendus plus orgueilleux

Parce que le temps qui court, court, oh court
Change les plaisirs
Et que le manque d’amour nous fait vieillir
Parce que le temps qui court, court, oh court
Change les plaisirs
Et que le manque d’amour nous fait vieillir
Et toujours le temps qui court, court
Change les plaisirs
Et que le manque d’amour nous fait vieillir

Video: Lien

Le temps qui court, Le village des enfoirés.

Bonjour, de retour…

Amitiés: Claude Sarfati

La paresse

L’âme adore nager. Pour nager on s’étend sur le ventre. L’âme se déboîte et s’en va. Elle s’en va en nageant. (Si votre âme s’en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l’âme partira avec une démarche et une forme différentes, c’est ce que j’établirai plus tard). On parle souvent de voler. Ce n’est pas ça. C’est nager qu’elle fait. Et elle nage comme les serpents et les anguilles, jamais autrement. Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle vulgairement des paresseux. Quand l’âme quitte le corps par le ventre pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c’est un abandon, une jouissance, un relâchement si intime… L’âme s’en va nager dans la cage de l’escalier ou dans la rue suivant la timidité ou l’audace de l’homme, car toujours elle garde un fil d’elle à lui, et si ce fil se rompait (il est parfois très ténu, mais c’est une force effroyable qu’il faudrait pour rompre le fil) ce serait terrible pour eux (pour elle et pour lui). Quand donc elle se trouve occupée à nager au loin, par ce simple fil qui lie l’homme à l’âme s’écoulent des volumes et des volumes d’une sorte de matière spirituelle, comme de la boue, comme du mercure, ou comme un gaz _ jouissance sans fin. C’est pourquoi le paresseux est indécrottable. Il ne changera jamais. C’est pourquoi aussi la paresse est la mère de tous les vices.

Car qu’est-ce qui est plus égoïste que la paresse?

Elle a des fondements que l’orgueil n’a pas.

Mais les gens s’acharnent sur les paresseux. Tandis qu’ils sont couchés, on les frappe, on leur jette de l’eau fraîche sur la tête, ils doivent vivement ramener leur âme. Ils vous regardent alors avec ce regard de haine, que l’on connaît bien, et qui se voit surtout chez les enfants.

Henri Michaux extrait de (Mes propriétés) 1929.

Âme te souvient-il de Paul Verlaine dite par Léo Ferré

Amitiés: Claude Sarfati