Chapitre XVI. Le Ming-tang

5 est le nombre central de la Terre. 6 est le nombre central du Ciel.

Il ne faut pas s’étonner de la situation centrale attribuée à l’Empire chinois par rapport au monde; il en fut toujours de même pour toute contrée où était établi le centre spirituel d’une tradition.

La contrée qui possédait un tel centre était par là même Terre Sainte, le point où se reflète directement l’activité du Ciel.

Si l’Empire chinois était une image de l’Univers, la même chose est Ming-tang, la maison de l’empereur. Certains sinologies l’ont appelée la Maison du Calendrier, mais la traduction littérale est Temple de la Lumière.

Tsing (chinois) = obscurité. Ming (chinois) = lumière.

… l’Empereur apparaissait proprement comme le «régulateur» de l’ordre cosmique même, ce qui suppose d’ailleurs l’union, en lui ou par son moyen, des influences célestes et des influences terrestres … (p. 142)

René Guénon,  »La grande triade » (extraits)

Chapitre XV. Entre l’équerre et le compas

Le compas et l’équerre correspondent symboliquement au cercle et au carré, c’est-à-dire aux figures géométriques qui représentent respectivement le Ciel et la Terre.

Dans le symbolisme maçonnique, le compas est normalement placé en haut et l’équerre en bas, entre les deux est figurée l’Etoile flamboyante, qui est un symbole de l’Homme.

L’Etoile à cinq branches est une figuration du microcosme. L’Etoile flamboyante est le symbole de l’homme régénéré, du Maçon. La Loge des Maîtres est appelée la Chambre du Milieu.

… la Maîtrise représente l’achèvement des «petits mystères», dont l’état de l’«homme véritable» est le terme même… (p. 129)

Le compas, symbole «céleste», donc yang ou masculin, appartient proprement à Fo-hi, et l’équerre, symbole «terrestre», donc yin ou féminin, à Niu-Koua, mais quand ils sont représentés ensemble et unis par leurs queues de serpents, c’est au contraire Fo-hi qui porte l’équerre et Niu-koua le compas.

René Guénon, La grande triade (extraits)

Chapitre VII. Questions d’orientation

A l’époque primordiale, l’homme était, en lui-même, parfaitement équilibré quant au complémentarisme du yin et du yang;

d’autre part, il était yin ou passif par rapport au Principe seul, et yang ou actif par rapport au Cosmos ou à l’ensemble des choses manifestées; il se tournait donc naturellement vers le Nord, qui est yin, comme vers son propre complémentaire.

Au contraire, l’homme des époques ultérieures, par suite de la dégénérescence spirituelle qui correspond à la marche descendente du cycle, est devenu yin par rapport au Cosmos; il doit donc se tourner vers le Sud, qui est yang, pour en recevoir les influences du principe complémentaire de celui qui est devenu prédominant en lui, et pour rétablir, dans la mesure du possible, l’équilibre entre le yin et le yang.“ (p. 64)

L’orientation vers le Nord est polaire, pendant que celle vers le Sud est solaire. Dans les cartes et les plans chinois, le Sud est placé en haut et le Nord en bas, l’Est à gauche et l’Ouest à droite, ce qui est conforme à la seconde orientation; cet usage n’est d’ailleurs pas assez exceptionnel qu’on pourrait croire, car il existait aussi chez les anciens Romains et subsista même pendant une partie du moyen âge occidental.

En Chine, le côté auquel on accorde la prééminence est la gauche. Mais à l’époque de Sseu-ma-tsien, au IIe siècle avant l’ère chrétienne, la droite semble l’avoir au contraire emporté sur la gauche. Le conseiller de droite (iou-siang) avait un rôle plus important que le conseiller de gauche (tso-siang).

A l’époque de Lao-tseu la gauche correspondait au yang et la droit au yin.

En hébreu la droite signifie toujours le Sud et la gauche le Nord, ce qui implique que l’orientation est prise, comme dans l’Inde, en se tournant vers l’Est.

Ce même mode d’orientation était pratiqué par les constructeurs du moyen âge pour déterminer l’orientation des églises.

René Guénon, La grande triade (extraits)

Chapitre premier. Ternaire et trinité

La Triade taoïste n’a rien en commun avec la trinité chrétienne.

Les comparer d’une manière ou d’une autre n’est qu’une assimilation abusive.

Une autre assimilation est faite à tort avec la Trimûrti hindoue. En réalité, dans les deux cas, il s’agit bien évidemment d’un ensemble de trois aspects divins, mais là se borne toute la ressemblance .“ (p. 18)

C’est avant tout faute de faire les distinctions essentielles entre différents types de ternaires qu’on en arrive à toute sorte de rapprochements fantaisistes et sans la moindre portée réelle, comme ceux auxquels se complaisent notamment les occultistes .“ (p. 19)

L’idée du rapprochement entre les dix principes de la tradition hindoue et les dix Sephiroth de la Kabbale hébraïque a été formulé pour la première fois par Malfatti de Montereggio dans son livre Mathèse.

la Triade extrême-orientale appartient au genre de ternaire qui sont formés de deux termes complémentaires et d’un troisième terme qui est le produit de l’union de ces deux premiers, ou, si l’on veut, de leur action et réaction réciproque “ (p. 20)

La trinité égyptienne Osiris, Isis et Horus ne peut pas être réduite à triade chinoise non plus.

Certaines sectes chrétiennes prémodernes ont voulu faire du Saint-Esprit une entité féminine. C’est une erreur, parce que l’opération du Saint-Esprit dans la génération du Christ correspond à l’activité de Purusha, ou du Ciel, selon le langage de la tradition extrême-orientale, pendant que la Vierge est une parfaite image de Prakriti.

Christ est identique à l’Homme Universel.

René Guénon La grande triade (extraits).

René Guénon

René Guénon est né le 15 novembre 1886 à Blois (France), Meurt le 7 janvier 1951 au Caire (Egypte).

1904, il se lie avec Papus qui le nomme délégué du Loir et Cher, le reçoit à Memphis Misraïm Synésius le fait patriarche d’Alexandrie sous le nom de Palingénius.

Guénon crée un Ordre du Temple destiné; à ceux qui renoncent à l’occultisme avec des rites des grades… et se proclame Grand Commandeur.

Il reprochait à Papus d’être Chrétien, réincarnationniste;

il sera fait Sheïk Abdel Wâhed Yahia par le Soufi Champrenaud en 1912, et il se mariera à l’église en 1912 avec Berthe Loury, institutrice de l’enseignement libre.

La qualité de ses écrits sur l’Hindouisme donne à penser pour certains, que René Guénon avait reçu une initiation orale, directe.

La grande triade paru chez Gallimard en 1957, Aujourd’hui chez N.R.F

Nous intéresse pour comprendre, comment René Guénon décrivait la pensée chinoise.