La perturbation continue aujourd’hui

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Durant cette période, un groupe emmené par
Kawonumptewa (du Clan du Sable), craignant encore
plus de pression de la part du gouvernement,
retourna à Oraibi pour suivre Tewaquaptewa et
accepter le mode de vie des hommes blancs, mais
ils furent rejetés et renvoyés. Ils
s’installèrent à deux miles d’Hotvela (trois
kilomètres et demi), où ils fondèrent le village
de Bacobi. Incapables de se débrouiller seuls,
ils demandèrent l’aide de l’agence du
gouvernement. L’agence profita de l’aubaine pour
leur rendre service et leur offrit, parmi
d’autres choses, du matériel pour construire des
maisons. Ils avaient maintenant accepté presque
entièrement le mode de vie de l’homme blanc, y
compris sa religion. D’après la loi du Grand
Esprit, ils se retrouvaient sans terre. La seule
chose qu’ils possédaient était leurs maisons.
Mais c’est à cause d’elles que l’agence eut la
permission de construire une école sur la terre
d’Hotvela et avec le soutien de l’agence, ils
décidèrent de s’emparer de la terre du peuple
d’Hotvela. C’est aussi à cause d’elles que le
gouvernement bâtit un château d’eau à Hotvela,
qui en fournissant de l’eau à l’école et au
village de Bacobi, épuisait les ressources
naturelles en eau du peuple d’Hotvela. La plupart
des gens d’Hotvela refusèrent d’utiliser cette
eau. La majorité des problèmes causés par les
gens de Bacobi existent encore aujourd’hui. Je me
souviens de beaucoup d’autres qui j’espère ne
seront jamais révélés.

Aujourd’hui, nous courons le danger de perdre
complètement notre terre. Sous l’influence du
gouvernement des Etats-Unis, certaines personnes
d’ascendance Hopi ont créé ce qu’elles appellent
le Hopi Tribal Concil (Conseil Tribal Hopi),
organisé selon les directives du gouvernement,
dans le but de négocier directement avec le
gouvernement et les hommes d’affaires. Ils
affirment agir dans l’intérêt des Hopi, malgré le
fait qu’ils rejettent les leaders traditionnels
et qu’ils ne représentent qu’une petite minorité
de personne de sang Hopi. De grandes parties de
notre terre ont été louées et ce groupe accepte
maintenant des compensations de l’Indian Claims
Commission (Commission des Concessions Indiennes)
pour l’utilisation de quarante-quatre millions
d’acres de terre Hopi (dix-huit millions
d’hectares). Nous avons protesté mais sans
résultat.

Ce Conseil Tribal fut créé illégalement, même si
l’on se réfère aux lois de l’homme blanc. Nous,
les leaders traditionnels, avons marqué notre
désaccord et avons protesté dès le début. Mais
ils ont été organisés et reconnus par le
gouvernement des Etats-Unis pour que celui-ci
puisse camoufler ses mauvais agissements au reste
de monde. Nous ne sommes pas représentés dans
cette organisation, de même que nous ne sommes
pas légalement tenus de respecter ses lois et ses
programmes. Nous les Hopi sommes une nation
souveraine indépendante dirigée par la loi du
Grand Esprit mais le gouvernement des Etats-Unis
ne veut pas reconnaître les leaders autochtones
de ce pays. Au contraire, il ne reconnaît que ce
qu’il a créé lui-même à partir de nos enfants,
afin d’appliquer son plan visant à s’approprier
la totalité de nos terres.

Et c’est pour cette raison que nous faisons face
aujourd’hui à la plus grande des menaces, la
perte de nos champs de maïs et de nos jardins, de
nos animaux, du gibier et de notre réserve
naturelle d’eau, ce qui mettra un terme au mode
de vie Hopi. Sous l’insistance du Département de
l’Intérieur des Etats-Unis, le Conseil Tribal a
signé de nombreux baux avec une entreprise
privée, la Peabody Coal Company, lui permettant
de fouiller notre sol à la recherche de charbon
et de dépouiller les mesas sacrées en vendant le
charbon à plusieurs centrales électriques. Ceci
n’est qu’une partie d’un projet visant à
implanter des industries lourdes sur nos terres
et cela contre notre volonté. Nous savons que
cela polluera les champs et les pâtures et
chassera la faune sauvage. De grandes quantités
d’eau seront pompées dans notre désert afin de
conduire le charbon à travers un pipeline dans
une centrale d’un autre état (Nevada). La perte
de cette eau affectera nos fermes et la pâture
des animaux. Ce la menace aussi nos sources
sacrées, notre seule source naturelle en eau,
dont nous dépendons depuis des siècles.

Nous, Hopi, savions que tout cela allait se
passer parce que tout est inscrit dans le Plan
Universel. Il fut prévu par le Grand Esprit et le
Créateur que lorsque l’homme blanc viendrait, il
nous offrirait beaucoup de choses. Si nous
acceptions les offres de son gouvernement, cela
signifierait la ruine de la nation Hopi. Les Hopi
sont le sang de ce continent comme d’autres sont
le sang d’autres continents. Ainsi, si les Hopi
échouent, le monde entier sera détruit. Cela nous
le savons car la même chose est arrivée dans
l’autre monde. Donc, si nous voulons survivre,
nous devons retourner à notre ancien mode de vie,
celui qui est paisible, et accepter de suivre les
dispositions du Créateur.

Les lois de l’homme blanc sont nombreuses, la
mienne est unique. Les lois de l’homme blanc sont
confuses. Tellement de gens ont fait ces lois, et
chaque jour en apporte de nouvelles. Mais ma loi
est seulement celle du Créateur, seulement
celle-la. Et je ne dois suivre aucune des lois
créées par l’homme parce qu’elles changent tout
le temps et entraîneront la destruction de mon
peuple.

Nous savons que quand le temps viendra, les Hopi
seront réduits à peut-être une seule personne,
deux personnes, trois personnes. Si nous pouvons
résister à la pression de ceux qui sont contre la
tradition, le monde pourra survivre à sa
destruction. Nous en sommes à un moment où je
dois rester seul, libre de toute impureté. Je
dois continuer à conduire mon peuple sur la route
que le Grand Esprit a tracée pour nous. Je ne
rejette personne. Tous ceux qui sont fidèles et
confiants dans la voie du Grand Esprit ont la
liberté de suivre la même route. Nous
rencontrerons beaucoup d’obstacles tout au long
du chemin. Le chemin paisible de la vie ne peut
être accompli que par ceux qui ont beaucoup de
courage et par la purification de toutes les
créatures. La maladie de la Mère Terre doit être
guérie.

Comme nous le disons, les Hopi furent les
premiers hommes à être créés. Ils doivent guérir
les maladies de leur propre sang pour que tout
redevienne paisible naturellement, par la volonté
du Créateur. Il guérira le monde. Mais en ce
moment, les Hopi sont blessés. Pour nous, c’est
un signe que le monde est en danger. A travers la
terre entière, des gens pleins de confusion se
battent, et ce sera pire encore. Seule la
purification des Hopi peut résoudre les problèmes
ici, sur cette Terre. Nous n’avons pas subi
toutes ces épreuves et ces punitions pour rien.
Nous vivons par ces prophéties et ces
enseignements et quoi qu’il arrive, aucune
pression ne nous affectera.

Nous savons que certaines personnes sont chargées
de provoquer la Purification. C’est le Plan
Universel depuis le début de la création et nous
attendons ceux qui nous apporteront la
purification. Cela est écrit sur des rochers à
travers le monde, dans différents continents.
Nous nous rassemblerons si tous les peuples du
monde en prennent connaissance. Aussi, nous vous
exhortons de faire passer le message pour que
tout le monde puisse savoir et que ceux qui
auront été désignés s’activent dans leur tâche de
purifier les Hopi et de se débarrasser de ceux
qui perturbent notre façon de vivre.

J’ai parlé. J’espère que ce message voyagera aux
quatre coins de la terre et qu’il traversera les
grandes eaux, où des gens de compréhension
pourront considérer ces mots de sagesse et de
connaissance. C’est ce que je veux. Les gens
peuvent avoir différentes opinions mais à cause
de la nature des croyances sur lesquelles la vie
des Hopi est basée, j’espère qu’au moins une
personne sera d’accord, peut-être même deux. Si
trois sont d’accord, alors cela en vaudra
vraiment la peine.

Je prierai toujours en regardant à l’Est vers le
soleil levant pour que mon fidèle frère blanc
vienne et purifie les Hopi. Mon père, Yukiuma, me
disait que je serais celui qui sera le leader à
ce moment-là car j’appartiens au Clan du Soleil,
le père de tous les peuples de la Terre. J’ai été
prévenu que je ne devais pas abandonner parce que
je suis le premier. Depuis la première création,
le Soleil est le père de toutes les créatures. Et
si avec moi, le Clan du Soleil disparaît, il n’y
aura plus d’êtres vivants sur la Terre. Alors
j’ai tenu bon. J’espère que vous comprendrez ce
que j’essaie de vous dire.

Je suis le Soleil, le père. Toute chose est créée
avec ma chaleur. Vous êtes mes enfants, et je
suis très inquiet pour vous. Je prends soin de
vous pour que vous soyez protégés du mal mais mon
cœur est triste de vous voir quitter ma
protection et vous détruire. Du sein de votre
mère, la Terre, vous avez reçu votre nourriture,
mais Elle est trop gravement malade pour pouvoir
encore vous nourrir sainement. Que va-t-il se
passer ? Allez-vous élever le cœur de votre père
? Allez-vous guérir votre mère de ses maladies ?
Ou allez-vous nous abandonner, nous laisser à
notre tristesse, et être emportés ? Je ne veux
pas que ce monde soit détruit. Si ce monde est
sauvé, vous serez tous sauvés et quiconque a tenu
bon réalisera ce Plan avec nous, afin que nous
soyons tous heureux et que nous puissions vivre
en paix. De partout, les gens doivent prendre les
Hopi en considération, nos prophéties, nos
enseignements et nos services cérémonials car si
les Hopi échouent, cela déclenchera la
destruction du monde et de l’humanité. J’ai parlé
par la bouche du Créateur. Puisse le Grand Esprit
vous guider sur le bon chemin.

Raconté par Dan Katchongva, du Sun Clan,
qui vécut de 1865 à 1972 Traduit en anglais par
Danaqyumptewa Edité par Thomas Francis Traduit en
français par Didier Wolfs

Nouvelles attaques

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Nos empreintes de pieds avaient à peine disparu
d’Oraibi qu’un matin, tôt, nous nous sommes
retrouvés encerclés par les troupes du
gouvernement. Tout le monde, y compris les
enfants, fut obligé d’entreprendre une marche de
six miles (dix kilomètres) vers un endroit situé
en dessous d’Oraibi. De là, les hommes durent
encore marcher quarante miles (soixante-cinq
kilomètres) vers l’agence du gouvernement
américain située à Keams Canyon, où ils furent
emprisonnés durant un an et demi parce qu’entre
autres choses, ils refusaient l’offre généreuse
du gouvernement d’éduquer nos enfants.

La première chose qu’ils nous ordonnèrent fut de
signer des papiers. Nous avons refusé. Alors ils
nous ont enfermés durant plusieurs jours dans un
bâtiment, sans nourriture et avec très peu d’eau.
Ils ont ensuite essayé à nouveau de nous
persuader de signer les papiers, promettant de
nous donner de la nourriture et de nous laisser
partir mais nous avons encore refusé. Ils ont
tenté d’autres astuces pour nous faire signer
mais chaque fois, nous avons refusé. Finalement,
ils nous emmenèrent dans une forge où ils
fixèrent des chaînes à nos jambes, avec des
anneaux et des crochets, et nous attachèrent par
deux. C’est de cette façon que, chaque jour, nous
avons été obligés de travailler durant de longues
heures, travaillant dangereusement avec de la
dynamite sur les pentes escarpées des montagnes
près de l’agence. Cette route servit de fondation
à une autoroute encore utilisée aujourd’hui.

La nuit, nous étions attachés par six au moyen
d’une longue chaîne. Pour augmenter notre
torture, ils mélangeaient du savon à notre
nourriture, ce qui nous rendit fort malade.
Lorsque l’un de nous devait aller aux toilettes,
les cinq autres devaient l’accompagner. Durant
tout ce temps, la possibilité de signer les
papiers fut offerte à ceux qui faibliraient.
Pendant cette période, mon père Yukiuma fut amené
ailleurs et c’est à moi que revint le rôle de
leader.

Lorsque nous étions en prison, seuls les femmes,
les enfants et quelques vieux ont pu rester
dehors. Ils avaient très peu de nourriture mais
comme par miracle, les lapins et d’autres gibiers
étaient abondants cet hiver. Grâce à cette
viande, ils parvinrent à survivre au temps
extrêmement froid. Les temps étaient très durs
lorsque les hommes n’étaient pas là. Les anciens
en parlaient souvent. Les femmes devaient
ramasser le bois. Ma mère me racontait comment
elles partaient à la chasse en emmenant les
chiens pour les aider. Nous avions un petit
troupeau de moutons dont elles s’occupaient
durant notre absence. A la bonne saison, elles
plantaient le maïs, s’occupaient des champs et
faisaient tout le travail normalement réservé aux
hommes, afin de pouvoir survivre.

Raconté par Dan Katchongva, du Sun Clan,
qui vécut de 1865 à 1972 Traduit en anglais par
Danaqyumptewa Edité par Thomas Francis Traduit en
français par Didier Wolfs

Les Hopi fidèles passent leur épreuve

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Bahanna vint avec de grandes ambitions et
beaucoup de générosité, offrant vivement son aide
pour « améliorer » notre façon de vivre. Il nous a
offert sa médecine et ses soins, disant que cela
nous aiderait à vivre plus longtemps. Il offrit
de nous aider à marquer nos frontières, disant
que de cette façon nous aurions plus de terre.
Dans tous nos villages, nous avons rejeté cette
offre. Il essaya de nous convaincre mais ne
réussit pas à nous soumettre car en ces temps,
nous étions unis, croyant en les instructions de
Maasau’u.

Sa tentative suivante fut la peur.  Il forma une
force de police constituée en partie de certaines
personnes ayant été tentées par ses offres et
leur donna des armes. Il menaça de nous arrêter
et de nous mettre en prison, mais nous avons
encore résisté. Les menaces d’arrestations et
d’emprisonnements furent mises en application.
Les villages paniquèrent et les gens faibles
commencèrent à se soumettre. A Oraibi, le
commandement du village tomba lorsque Loloma (du
Clan de l’Ours) passa un accord avec le
gouvernement des Etats-Unis.

Nous qui avions encore foi en Maasau’u, et les
prêtres des ordres religieux, nous nous sommes
rassemblés et avons rejeté la demande de
soumission de Kikmongwi. Nous nous sommes assis,
avons fumé et prié pour être suffisamment
courageux afin de rester sur notre position. Nous
avons repris nos tablettes de pierre et les avons
étudiées dans les moindres détails. Nous avons
minutieusement revu le plan de route inscrit sur
le rocher près de notre village. C’est le plan
que nous devons toujours suivre car il est juste
et complet. Nous avons vu que le Clan du Feu
(c’est-à-dire mon père, Yukiuma) devait nous
guider car son symbole, Maasau’u, se trouve à la
droite du roseau alors qu’il le regarde. Nous y
avons aussi vu que comme notre mode de vie avait
été corrompu, nous devions nous rendre à un
nouvel endroit où nous pourrions suivre notre
route sans interférence et continuer nos services
cérémonials pour tout le monde.

Nous avons fumé et prié de nouveau et reconsidéré
que ce village, Oraibi, est notre mère village.
Nos lieux de pèlerinages sont ici et ne peuvent
être laissés sans surveillance. Nous savions que
la route allait être difficile et encombrée
d’obstacles. Nous savions que nous allions encore
être dérangés par les nouveaux venus, et que nous
allions devoir relever toutes les épreuves de
faiblesse, et nous avons décidé de rester.

Les problèmes commencèrent. Le gouvernement
voulut que tous les enfants Hopi aillent à
l’école. Ils disaient que cela nous ferait du
bien, mais nous savions que ce « bien » ne serait
que superficiel et qu’en réalité, il allait
détruire la vie culturelle Hopi. Peut-être
pensaient-ils que grâce à leur éducation, les
enfants seraient capables d’aider les anciens,
mais nous savions que ce ne serait pas le cas car
comme ils apprendraient à penser comme les hommes
blancs, ils n’aideraient jamais les anciens. Au
contraire, ils seraient endoctrinés et encouragés
à se retourner contre nous, comme ils le font
déjà aujourd’hui. Ainsi, afin de respecter les
enseignements du Grand Esprit, nous avons refusé
de mettre nos enfants à l’école.

Et chaque semaine ils nous envoyèrent la police.
Ils encerclaient le village et recherchaient les
enfants en âge d’aller à l’école. Nous ne
pouvions vivre en paix car nous craignions chaque
jour de nouveaux problèmes. Les pères qui
refusaient étaient arrêtés et emprisonnés. Des
actes inhumains tels la famine, les insultes et
l’humiliation nous ont été imposés, afin de nous
soumettre. La moitié des leaders de clan et des
leaders religieux refusèrent d’accepter quoi que
ce soit du gouvernement. A cause de cela, ceux
qui s’étaient déjà soumis se moquaient de nous et
nous traitaient en paria. Finalement, ils
décidèrent d’agir contre nous car nous les
empêchions de profiter des faveurs du
gouvernement.

Cela se passa lorsque le successeur de Loloma,
Tewaquaptewa, devint chef d’Oraibi. C’est sous
son commandement que le drame, l’éviction des
fidèles Hopi d’Oraibi, se déroula. Puisque que
nous, les « hostiles » comme nous étions appelés
par les missionnaires et les employés du
gouvernement, refusions d’exaucer ses souhaits et
d’accepter le mode de vie des hommes blancs, il
décida de nous expulser. Il s’imaginait que sans
notre interférence, il pourrait profiter des
bonnes choses offertes par Bahanna.

Raconté par Dan Katchongva, du Sun Clan,
qui vécut de 1865 à 1972 Traduit en anglais par
Danaqyumptewa Edité par Thomas Francis Traduit en
français par Didier Wolfs

Amitiés

Claude Sarfati

Les forces de purification

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Notre enseignement et nos prophéties nous
informent que nous devons rester vigilants aux
signes et aux présages qui surviendront afin de
nous donner le courage et la force de rester
fidèles à nos croyances. Le sang coulera. Nos
cheveux et nos vêtements seront éparpillés sur la
terre. La nature nous parlera avec le souffle
puissant du vent. Il y aura des tremblements de
terre, des inondations et des feux étranges en
différents endroits causant de grands désastres,
des changements dans les saisons. Le temps aussi
changera et la vie sauvage disparaîtra. La famine
apparaîtra sous différentes formes. La corruption
et la confusion grandiront parmi les leaders et
les peuples à travers la terre entière, et les
guerres surgiront comme des vents puissants. Tout
cela est prévu depuis le début de la création.

Nous auront trois personnes derrière nous, prêtes
à accomplir nos prophéties lorsque nous
rencontreront des difficultés désespérées : le
Symbole Meha (qui représente une plante avec de
longues racines, une sève lactée, qui repousse
lorsqu’on la coupe et qui a une fleur ressemblant
à un swastika, symbolisant les quatre grandes
forces de la nature en mouvement), le Symbole du
Soleil, et le Symbole Rouge. L’intrusion de
Bahanna dans la vie des Hopi mettra le Symbole
Meha en mouvement, et certaines personnes
travailleront pour les quatre grandes forces de
la nature (les quatre directions, les forces
prédominantes, la force originale) qui
balanceront le monde dans la guerre. Quand cela
arrivera, nous saurons que nos prophéties sont
vraies. Nous rassemblerons nos forces et
resterons fermes.

Ce grand mouvement chutera mais parce qu’il se
nourrit de lait et qu’il est contrôlé par les
quatre forces de la nature, il se relèvera pour
remettre le monde en mouvement, créant une
nouvelle guerre dans laquelle le Symbole Meha et
le Symbole Soleil seront à l’ouvrage. Ensuite, il
se reposera pour resurgir une troisième fois.
Notre prophétie prédit que ce troisième événement
sera décisif. Nos plans prévoient l’issue.

Cette écriture sacrée parle les mots du Grand
Esprit. Cela peut avoir un rapport avec le
mystérieux germe de vie contenant les deux
principes de demain, en indiquant un, dans lequel
se trouve les deux. Le troisième et dernier, que
va-t-il apporter, purification ou destruction ?

Ce troisième événement dépendra du Symbole Rouge,
qui va prendre le commandement, mettant les
quatre forces de la nature (Meha) en mouvement
pour le bénéfice du Soleil. Quand il mettra ces
forces en mouvement, le monde entier sera secoué
et deviendra rouge et se retournera contre les
gens qui gênent la vie culturelle Hopi. Pour tous
ces gens, le Jour de la Purification viendra. Les
gens humbles iront vers lui à la recherche d’un
nouveau monde et de l’égalité qui leur à été
refusée. Il viendra sans pitié. Son peuple
recouvrira la Terre comme des fourmis rouges.
Nous ne devrons pas sortir pour regarder. Nous
devrons rester dans nos maisons. Il viendra et
prendra les mauvais qui gênent les hommes rouges
qui furent ici les premiers. Il cherchera
quelqu’un qu’il reconnaîtra à son mode de vie, ou
à sa tête (la coupe de cheveux caractéristique
des Hopi), ou par la forme de son village ou de
son habitation. Il est le seul qui puisse nous
purifier.

Le Purificateur, commandé par le Symbole Rouge,
avec l’aide du Soleil et de Meha, expulsera les
mauvais qui ont dérangé le mode de vie des Hopi,
la vraie façon de vivre sur Terre. Le mauvais
sera décapité et ne parlera plus. Ce sera la
Purification pour tous les gens vertueux, la
Terre, et toutes les créatures vivant sur la
Terre. Les malades de la Terre seront guéris.
Terre Mère fleurira de nouveau et tous les
peuples s’uniront dans la paix et l’harmonie pour
les temps à venir.

Mais si cela ne se réalise pas, l’identité
traditionnelle des Hopi disparaîtra sous la
pression de Bahanna. Sous l’influence des hommes
blancs, ses religions, et la disparition de notre
terre sacrée, les Hopi seront ruinés. Ceci est le
Plan Universel, dicté par le Grand Esprit depuis
l’aube des temps.

Sachant cela, moi, Hopi, je ne me bats plus
contre aucun pays car si je le fais, le
Purificateur le découvrira et me punira pour ces
combats. Et comme je suis un Hopi, je n’envoie
plus mes enfants se battre de l’autre côté de
l’océan. S’ils veulent le faire, c’est à eux d’en
décider, mais ils ne seront plus Hopi s’ils le
font.

Comme je suis du Clan du Soleil, et le Soleil est
le père de toute créature, j’aime mes enfants.
S’ils comprennent ce que je suis en train de
dire, ils doivent m’aider à sauver le monde.

Les Hopi ont été placés de ce côté de la Terre
pour prendre soin de la terre par leurs services
cérémonials, de même que d’autres races ont été
placées ailleurs sur la Terre pour prendre soin
d’Elle à leur manière. Ensemble, nous maintenons
le monde en équilibre, nous le faisons tourner
correctement. Si la Nation Hopi disparaît, le
mouvement de la terre va se dérégler, l’eau va
engloutir la terre, les peuples vont périr et les
fourmis vont hériter de la terre. Seul un frère
et une sœur survivront pour commencer une
nouvelle vie.

Notre enseignement et nos prophéties nous
informent que nous devons rester vigilants aux
signes et aux présages qui surviendront afin de
nous donner le courage et la force de rester
fidèles à nos croyances. Le sang coulera. Nos
cheveux et nos vêtements seront éparpillés sur la
terre. La nature nous parlera avec le souffle
puissant du vent. Il y aura des tremblements de
terre, des inondations et des feux étranges en
différents endroits causant de grands désastres,
des changements dans les saisons. Le temps aussi
changera et la vie sauvage disparaîtra. La famine
apparaîtra sous différentes formes. La corruption
et la confusion grandiront parmi les leaders et
les peuples à travers la terre entière, et les
guerres surgiront comme des vents puissants. Tout
cela est prévu depuis le début de la création.

Nous auront trois personnes derrière nous, prêtes
à accomplir nos prophéties lorsque nous
rencontreront des difficultés désespérées : le
Symbole Meha (qui représente une plante avec de
longues racines, une sève lactée, qui repousse
lorsqu’on la coupe et qui a une fleur ressemblant
à un swastika, symbolisant les quatre grandes
forces de la nature en mouvement), le Symbole du
Soleil, et le Symbole Rouge. L’intrusion de
Bahanna dans la vie des Hopi mettra le Symbole
Meha en mouvement, et certaines personnes
travailleront pour les quatre grandes forces de
la nature (les quatre directions, les forces
prédominantes, la force originale) qui
balanceront le monde dans la guerre. Quand cela
arrivera, nous saurons que nos prophéties sont
vraies. Nous rassemblerons nos forces et
resterons fermes.

Ce grand mouvement chutera mais parce qu’il se
nourrit de lait et qu’il est contrôlé par les
quatre forces de la nature, il se relèvera pour
remettre le monde en mouvement, créant une
nouvelle guerre dans laquelle le Symbole Meha et
le Symbole Soleil seront à l’ouvrage. Ensuite, il
se reposera pour resurgir une troisième fois.
Notre prophétie prédit que ce troisième événement
sera décisif. Nos plans prévoient l’issue.

Cette écriture sacrée parle les mots du Grand
Esprit. Cela peut avoir un rapport avec le
mystérieux germe de vie contenant les deux
principes de demain, en indiquant un, dans lequel
se trouve les deux. Le troisième et dernier, que
va-t-il apporter, purification ou destruction ?

Ce troisième événement dépendra du Symbole Rouge,
qui va prendre le commandement, mettant les
quatre forces de la nature (Meha) en mouvement
pour le bénéfice du Soleil. Quand il mettra ces
forces en mouvement, le monde entier sera secoué
et deviendra rouge et se retournera contre les
gens qui gênent la vie culturelle Hopi. Pour tous
ces gens, le Jour de la Purification viendra. Les
gens humbles iront vers lui à la recherche d’un
nouveau monde et de l’égalité qui leur à été
refusée. Il viendra sans pitié. Son peuple
recouvrira la Terre comme des fourmis rouges.
Nous ne devrons pas sortir pour regarder. Nous
devrons rester dans nos maisons. Il viendra et
prendra les mauvais qui gênent les hommes rouges
qui furent ici les premiers. Il cherchera
quelqu’un qu’il reconnaîtra à son mode de vie, ou
à sa tête (la coupe de cheveux caractéristique
des Hopi), ou par la forme de son village ou de
son habitation. Il est le seul qui puisse nous
purifier.

Le Purificateur, commandé par le Symbole Rouge,
avec l’aide du Soleil et de Meha, expulsera les
mauvais qui ont dérangé le mode de vie des Hopi,
la vraie façon de vivre sur Terre. Le mauvais
sera décapité et ne parlera plus. Ce sera la
Purification pour tous les gens vertueux, la
Terre, et toutes les créatures vivant sur la
Terre. Les malades de la Terre seront guéris.
Terre Mère fleurira de nouveau et tous les
peuples s’uniront dans la paix et l’harmonie pour
les temps à venir.

Mais si cela ne se réalise pas, l’identité
traditionnelle des Hopi disparaîtra sous la
pression de Bahanna. Sous l’influence des hommes
blancs, ses religions, et la disparition de notre
terre sacrée, les Hopi seront ruinés. Ceci est le
Plan Universel, dicté par le Grand Esprit depuis
l’aube des temps.

Sachant cela, moi, Hopi, je ne me bats plus
contre aucun pays car si je le fais, le
Purificateur le découvrira et me punira pour ces
combats. Et comme je suis un Hopi, je n’envoie
plus mes enfants se battre de l’autre côté de
l’océan. S’ils veulent le faire, c’est à eux d’en
décider, mais ils ne seront plus Hopi s’ils le
font.

Comme je suis du Clan du Soleil, et le Soleil est
le père de toute créature, j’aime mes enfants.
S’ils comprennent ce que je suis en train de
dire, ils doivent m’aider à sauver le monde.

Les Hopi ont été placés de ce côté de la Terre
pour prendre soin de la terre par leurs services
cérémonials, de même que d’autres races ont été
placées ailleurs sur la Terre pour prendre soin
d’Elle à leur manière. Ensemble, nous maintenons
le monde en équilibre, nous le faisons tourner
correctement. Si la Nation Hopi disparaît, le
mouvement de la terre va se dérégler, l’eau va
engloutir la terre, les peuples vont périr et les
fourmis vont hériter de la terre. Seul un frère
et une sœur survivront pour commencer une
nouvelle vie.

Raconté par Dan Katchongva, du Sun Clan,
qui vécut de 1865 à 1972 Traduit en anglais par
Danaqyumptewa Edité par Thomas Francis Traduit en
français par Didier Wolfs

La fondation du village d’Oraibi

 

hopi-dessins

Le village d’Oraibi fut établi et construit en
accord avec les instructions du Grand Esprit. Le
chef du Clan de l’Arc fut le père de l’ordre
cérémonial. Ils restèrent sous la direction du
Clan de l’Arc pour un certain temps, peut-être
jusqu’à ce que la corruption s’installa. Comme
vous vous en souvenez, le chef du Clan de l’Arc
du passé avait souillé son rang en prenant part
aux changements du mode de vie.

Plus tard, le Clan de l’Ours prit le relais.
Peut-être parce que l’ours est fort et puissant.
Il y a peut-être eu d’autres raisons, comme une
prophétie qui dit qu’un ours, dormant quelque
part dans un endroit au Nord de ce qui est
aujourd’hui appelé Europe, se réveillera et se
rendra au Nord de cette terre. Ce groupe est
appelé le Clan de l’Ours parce qu’ils trouvèrent
un ours mort à l’endroit du symbole du bouclier.
La plupart des gens importants disent faire
partie du Clan de l’Ours, y compris le Clan de
l’Oiseau Bleu et le Clan de l’Araignée.

Le vœu que nous avions fait au Grand Esprit nous
obligeait à suivre son mode de vie. Il nous donna
la terre pour que nous l’utilisions et en
prenions soin par nos services cérémonials. Il
nous instruisit et nous montra la façon dont nous
devions gouverner nos vies. Nous avons inscrit ce
schéma sur un rocher pour que celui-ci nous
rappelle de toujours suivre le droit chemin. Si
les Hopi dévient de cette route, Il nous
reprendra cette terre. Ceci est l’avertissement
que nous a donné Maasau’u.

Le village d’Oraibi fut bien établi. Les peuples
en migration s’y rassemblaient et demandaient à
être admis dans le village. Le Kikmongwi et les
grands prêtres considéraient toujours leurs
demandes et basaient leur jugement sur leur
caractère et leur sagesse. Ceux qui montraient
des signes d’orgueil étaient éconduits et on leur
conseillait d’aller vers les mesas du sud où
vivaient des gens comme eux. Seuls les gens bons,
humbles et sincères dans leurs prières étaient
admis.

Un de ces groupes était le Clan du Coyote. Il
venait de Sh-got-kee (Si-aht-ki), près de Walpi.
Il y avait plusieurs raisons pour qu’on les
considère comme étant mauvais, mais dans un sens,
ils étaient intelligents. Au début, ils ne furent
pas autorisés à joindre le village. Mais
lorsqu’ils firent leur quatrième demande, ils
furent acceptés en accord avec la coutume. Ils
devaient agir en protecteur et en temps de
troubles, ils devaient supporter et aider le
porte-parole. Mais ils furent avertis d’être
prudent. Et c’est la façon dont nous procédâmes
avec tous les clans parce qu’entre-temps, la
plupart d’entre nous avaient voulu tricher ou
tromper les leaders pour obtenir la gloire ou la
renommée ; ce qui nous conduisit à corrompre
notre façon de vivre et à ébranler nos croyances.

Le dernier groupe à être admis à Oraibi fut le
Clan de l’Aigle Gris. Alors qu’ils finissaient
leur migration, ils s’installèrent d’abord à un
endroit appelé aujourd’hui New Mexico. Comme
c’était un peuple qui aimait faire la guerre, et
c’était vraiment des provocateurs, ils furent
chassés par les Indiens Pueblo. Ils se dirigèrent
alors dans notre direction et s’installèrent à
Mishongovi sur le Second Mesa, à la condition
qu’ils n’aillent pas se quereller ou créer des
conflits. S’ils rompaient cette promesse, ils
devraient partir sans résistance. Mais, ils
créèrent un nouveau conflit et partirent comme
promis. Ensuite, ils se rendirent à Oraibi et
demandèrent à y être admis. Après plusieurs
tentatives, ils furent autorisés à venir avec la
même promesse que celle faite à l’autre village,
qu’ils s’en iraient volontairement s’ils
provoquaient des agitations ou s’ils rompaient
leur promesse. Conformément à cet accord, le
leader du village Mishongovi considérerait de les
accepter de nouvea u sur le Second Mesa ou de les
envoyer au New Mexico où les Indiens Pueblo
pourraient faire d’eux ce qui leur semblait
juste.

Plus tard, lorsque que nous fûmes forcés de
quitter le village d’Oraibi et que nous nous
installions à Hotvela, ils vinrent avec nous,
avec le même accord. Cet accord vaut toujours
aujourd’hui. De nouveau, ils provoquèrent des
agitations et furent obligés de s’en aller. Ils
sont le germe de toutes les destructions dans
notre village. Ils ont trahi la Nation Hopi parce
qu’ils s’inclinent devant ceux qui viennent avec
de jolis mots, et ce faisant, ils en tirent
profit et obtiennent des avantages. Pour eux, il
n’existe que deux façons d’agir : celle du Grand
Esprit ou celle de Bahanna. Ils furent obligés
d’aller à Mishongovi comme convenu. Les gens
là-bas les attendaient mais n’eurent pas le
courage de faire ce qu’ils avaient promis. Et ils
se cachèrent lâchement derrière la loi de Bahanna
inventée par les hommes.

Parmi les cérémonies de chaque groupe, la prière
pour la pluie était importante afin que la
récolte soit bonne et produise de la nourriture
en abondance. Le peuple en dépendait pour sa
survie. Les orgueilleux n’étaient pas admis afin
que les prières ne soient pas corrompues.

Oraibi était maintenant bien établi. Le schéma
des ordres religieux était établi. Cycle après
cycle, nous montrions à travers nos cérémonies
notre respect à notre Mère Terre, notre Père
Soleil, le Grand Esprit et à toute chose. Nous
étions heureux car unis.

Raconté par Dan Katchongva, du Sun Clan,
qui vécut de 1865 à 1972 Traduit en anglais par
Danaqyumptewa Edité par Thomas Francis Traduit en
français par Didier Wolfs