Un bouquet d’fleurs à la main Il sort du magasin Il avance de bon cœur Où va donc cet humain Qui porte un bouquet d’fleurs Où va donc cet humain Qui porte un bouquet d’fleurs
Vers quel rencard Quel amant dans l’placard Quelle inconnue Dans la toile entrevue Quelle fête des mères Quel ami sincère Quelle moitié d’aveu Quel amour qui flanche Quel drôle de cheveu Sur sa manche
Où va donc cet humain Qui croit qu’on est dimanche Où va donc cet humain Qui croit qu’on est dimanche
Un bouquet d’fleurs à la main Il connaît l’chemin Il avance de bon cœur Qu’attend donc cet humain Qui porte un bouquet d’fleurs à la main Qu’attend donc cet humain Qui porte un bouquet d’fleurs à la main
Quel genre de fête Quel anneau dans la tête Quel cœur qui bat Et n’attendait que ça
Sur quelle blessure Quel trou dans un mur Pour quel adieu Pour décorer quel dieu En vue d’assouvir Quel désir
Qu’attend donc cet humain Qu’est fait pour le plaisir Qu’attend donc cet humain Qu’est fait pour le plaisir
Un bouquet d’fleurs à la main Il connaît l’chemin Il avance de bon cœur
Que cache donc cet humain Qui porte un bouquet d’fleurs Que cache donc cet humain Qui porte un bouquet d’fleurs Il marche pas vite C’est pas des marguerites Il presse le pas C’est pas des camélias Il marque une pause Il a pas pris des roses Ses neurones agissent C’est pas du cannabis C’est pas l’temps du tout Des coucous
Que cache donc cet humain Qui respire avec nous Que cache donc cet humain Qui respire avec nous
Un bouquet d’fleurs à la main Il sait trop l’chemin Il va rentrer chez lui Pourquoi donc cet humain S’est ach’té des soucis Pourquoi donc cet humain S’est ach’té des soucis
Rebelle et soumise
Paupières baissées
Quitte ta chemise
Belle fiancée
L’amour est cerise
Et le temps pressé
C’est partie remise
Pour aller danse
Autant qu’il nous semble
Raisonnable et fou
Nous irons ensemble
Au-delà de tout
Prête-moi ta bouche
Pour t’aimer un peu
Ouvre-moi ta couche
Pour l’amour de Dieu
Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux
O rires et plaintes
O mots insensés
La folle complainte
S’est vite élancée
Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m’en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux
O Pierrot de lune
O monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu
Rebelle et soumise
Paupières lassées
Remets ta chemise
Belle fiancée
L’amour est cerise
Et le temps passé
C’est partie remise
Pour aller danser
De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France
Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France
Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France
Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France
Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France
Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France
Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France