Un livre dans le tiroir de l’empereur

Si le Yi Jing est un livre que l’on consulte par le biais d’un rite, pour comprendre la nature de notre harmonie Yin Yang (du moment) et l’harmonie qui nous entoure ; il est aussi et surtout un livre de sagesse.

Confucius qui était un très haut dignitaire (conseiller de l’empereur) considérait que l’harmonie était d’abord: la bonne entente entre les hommes.

Dans cette triade Terre -Homme- Ciel, il a mis l’homme au centre.

Le Yi King était pour lui un bon moyen de faire passer une morale issue de la transmission de rites, le plus important en Chine étant : le culte des ancêtres.

« Qui ne sait gouverner soi-même, comment pourrait-il gouverner les autres ? »

Phrase attribuée à Confucius que l’on trouve dans les commentaires de l’hexagramme: 34.Ta tchouang / La prépondérance du grand.

L’exigence est grande, le Yi King n’a aucun intérêt si le consultant ne tient pas compte des conseils qui lui sont prodigués.

Cela complique les choses concernant les prédictions, comment savoir si les conseils seront suivis ?

Ce n’est que lorsque le fait relatif à la question évolue dans un sens ou dans un autre, que nous saurons…

Le Yi Jing est un outil de développement personnel (dans tous ses aspects) d’une redoutable efficacité, comme le dit Cyrille ‘ JD ‘ Javary: on a tout a gagner de le consulter.

Toujours très utilisé en Chine de manière très rituelle et très discrète, il devient chaque jour plus présent dans le monde entier et c’est tant mieux !

Peut-être traîne t-il encore dans un tiroir d’un de nos nouveaux empereurs…

Ce serait bien !

Claude

Le Yi King, une rencontre.

J’ai découvert le Yi King au tout début des années 80.

Je participais à un groupe franco-mexicain d’inspiration Taoïste.

Notre quête était sincére, échapper à toute forme de conditionnements.

Sur ce chemin, souvent difficile voire périlleux, le Yi King nous aidait.

Nous étions des traqueurs de l’invisible, des chasseurs de conscience.

Depuis  »Le livre des changement » ne m’a plus quitté.

Amitiés: Claude Sarfati

Taoïsme ou Chamanisme ?

Taoïsme ou Chamanisme ?

…L’une des particularités fondatrices de la civilisation chinoise, comparativement aux autres grandes cultures nées sur le continent eurasien, est sa sédentarité plurimillénaire.  Plus profondément qu’aucun autre peuple, les communautés chinoisent plongent leurs racines dans le lieu où elles habitent. Aujourd’hui encore, l’identité entre un village et une famille est une réalité profonde. Quand, en chinois, on parle du « village des Zhang », c’est que véritablement dans ce village la quasi-totalité de la population porte ce patronyme. A Shaoshan, le lieu de naissance de Mao Zedong par exemple, aujourd’hui encore les trois quarts de la population (trois cent mille habitants) ont pour nom de famille Mao !

Unie par le même nom, la communauté villageoise se perçoit elle-même comme une communauté familiale. Elle confirme ce sentiment à des occasions diverses : d’une part, les cérémonies rituelles d’hommage à l’ancêtre fondateur du clan -maillage dans la durée, prolongation du culte ancestral propre à chaque famille- et, d’autre part, celles dédiées à l’esprit du lieu, le shen de l’endroit, qui habite par exemple le grand et vieil arbre qui pousse au centre du village- maillage dans l’espace caractéristique des « cultes populaires ».

A la différence des rituels privés, familiaux, de reliement avec les ancêtres qui ne demandent à celui qui en a la charge aucune autre compétence que d’être le fils aîné, le dialogue avec les esprits n’est pas à la portée de tous. Il requiert des aptitudes spécifiques qui s’acquièrent ou se développent à l’aide d’un apprentissage corporel exigeant et d’un enseignement oral qui se transmet de maître à disciple dans une atmosphère de secret, ce que l’on regroupe généralement sous le nom de « chamanisme ».

L’académicien François Cheng n’hésite pas à employer ce mot dans son anthologie de la poésie chinoise à propos des Chants de Chu, un grand poème de Qu Yuan (310-278) qui est considérée comme l’œuvre fondatrice de la poésie chinoise : « d’inspiration chamaniste, au rythme long et incantatoire, débordant d’images rêvées ou mythiques, les Chants de Chu sont avant tout une recherche de la communion avec les éléments de la nature, transformés en autant d’Esprits, et par là une quête nostalgique du divin ».

Répandu dans toutes les cultures anciennes du globe, le chamanisme est une sorte d’animisme généralisé qui repose sur une triple croyance : tout ce qui vit est composé d’une forme visible et d’une forme invisible ; chez les vivants, la partie visible est prédominante, chez les défunts, c’est le contraire ; certains humains, les chamanes, peuvent voyager entre ces deux niveaux et sont capables d’intervenir dans le monde invisible…

Pages: 36, 37, 38

Les trois sagesses chinoises

Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme

Cyrille J-D Javary

Editions: Albin Michel

Merci Cyrille pour la qualité, la simplicité de ton écriture,

la sobriété, le désir d’être compris de tous par tes mots.

Amitiés, bon dimanche: Claude Sarfati.

Chapitre XXIII. La roue cosmique

Dans Absconditorum Clavis de Guillaume Postel on trouve le ternaire Deus, Homo, Rota. Le troisième terme est la roue cosmique, symbole du monde manifesté. Les Rosicruciens l’appellaient Rota Mundi.

On peut donc dire que, en général, ce symbole représente la «Nature» prise, suivant ce que nous avons dit, dans son sens le plus étendu; mais il est en outre susceptible de diverses significations plus précises, parmi lesquelles nous envisagerons seulement ici celles qui ont un rapport direct avec le sujet de notre étude.“ (p. 187)

La roue est assimilable au cercle, dont le centre est le Principe et la circonférence représente la manifestation.

En astrologie, c’est le signe du Soleil. En alchimie, c’est le signe de l’or. En numérologie correspond au dénaire (10). Le centre est unité et la circonférence multiplicité.

Les formes de roue qu’on rencontre le plus habituellement sont les roues à six et huit rayons, et aussi à douze et seize, nombres doubles de ceux-là. La plus simple est la roue partagée en quatre.

Il existe dans le symbole de la roue un ternaire constitué par le centre, le rayon et la circonférence. Il correspond respectivement au Ciel, à l’Homme et à la Terre.

voir: Louis-Claude de Saint-Martin, Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’Homme et l’Univers.

(…)On doit donc se représenter l’homme, assimilé au rayon de la roue, comme ayant les pieds sur la circonférence et la tête touchant le centre; et en effet, dans le « microcosme », on peut dire que sous tous les rapports, les pieds sont en correspondance avec la terre et la tête avec le ciel.

C’est pour affirmer encore davantage cette correspondance, déjà marquée par la forme même des parties du corps aussi bien que par leur situation respective, que les anciens Confucianistes portaient un bonnet rond et des souliers carrés…

René Guénon, La grande triade (extraits)